L'analyse des résidus

     A/ Les résidus de tir

    L’utilisation de n’importe quelle arme à feu laisse une trace sous forme de résidus de poudre qui sont dispersés autour de l’arme au moment du coup de feu. Un tir provoque la libération de gaz chauds qui en sortant du canon se refroidissent libérant ainsi des résidus de poudre et d’amorce sous forme de particules microscopiques et macroscopiques. Ces résidus permettent de confirmer ou infirmer l’hypothèse d’un suicide, par exemple. Dans le cas d’un suicide on retrouverait, en effet, des résidus sur la main de l’individu et une brûlure à l’endroit où a été apposée l’arme. Ils sont constitués de particules organiques pour la poudre et de particules ayant une composition métallique, inorganique, qui proviennent de l’amorce et du projectile. On peut se servir d’un microscope électronique à balayage couplé à un micro-analyseur à rayons X pour étudier ces résidus. De nos jours, les résidus les plus étudiés sont les résidus inorganiques et on peut détecter un de ces résidus sur la pointe d’une aiguille.

    Un microscope électronique permet d’étudier les relevés des particules microscopiques, une analyse aux rayons X permettra ensuite de déterminer la composition élémentaire des particules. Les particules macroscopiques sont quant à elles étudiées par des réactions chimiques, les résidus sont transformés en complexes colorés a l’aide de réactifs spécifiques. Ces réactions chromophoriques* permettent d’identifier les orifices d’entrée et de sortie des projectiles. En effet, des résidus se déposent a l’entrée des orifices et il n’y en a aucun a la sortie, les résidus se déposant lors du passage du projectile.

    Les résidus de tir permettent également d’estimer la distance de tir. Lors de l’impact sur la victime ou sur la surface qui a arrêtée la balle on retrouve une certaine quantité de résidus. Cette densité dépend en partie de la distance du tir. Ainsi après des séries de tir de référence sur des papiers filtres vierges et après avoir comparé les résultats par rapport aux traces sur la victime on obtient une estimation de la distance. Cependant les résultats peuvent être faussés si le projectile a traversé d’autre surface avant d’atteindre la cible.

          B/ Analyse post-explosion ou incendie

     L’analyse d’un site où a eu lieu une explosion ou un incendie est effectuée par des chercheurs spécialisés qui doivent déterminer les causes de l’incendie. Par exemple, ils cherchent à déterminer la présence éventuelle de substances accélératrices, qui serait la preuve indéniable d’un acte criminel. Ils disposent pour cela de différentes méthodes qui doivent cependant s’effectuer en laboratoire. L’une des principales méthodes est la chromatographie, un test qui permet de déterminer la nature d’un produit chimique en fonction de sa migration avec un solvant. Il existe différents types de chromatographie : la chromatographie en phase gazeuse et la chromatographie en phase liquide. Cette dernière est elle-même divisée en plusieurs catégories, la chromatographie sur couche mince, sur papier, en phase liquide, en colonne ouverte ou à basse pression et enfin à haute performance. L’expérience la plus simple à réaliser est la chromatographie sur couche mince. Elle nécessite une phase mobile (solvant) et une phase stationnaire sur une plaque d’aluminium ou de verre. La vitesse et l’ampleur de la migration des molécules placées sur le ligne de dépôt permettront d’identifier leur nature, en fonction du solvant. Ensuite un simple calcul permet d'établir la nature des produits déposés sur la ligne de dépot : Rf=Di/Df. Ici Di correspond à la distance parcourue par le composé, Df à la distance parcourue par le front du solvant et enfin Rf, le rapport frontal, qui nous permet de déterminer la nature des molécules.

    Il existe également les méthodes de spectrométrie* de masse et de spéctrométrie infrarouge qui sont des techniques, cette fois physiques, d'analyses également. Leur principe est cependant hors de notre programme. La spéctrométrie de masse se basant sur l'étude de la masse des molécules et la spéctrométrie infraroufe est une spectrométrie traitant la région infrarouge du spectre électromagnétique.

    La chromatographie en phase gazeuse
est une technique qui permet de séparer des molécules d'un mélange éventuellement très complexe de nature très diverses. Elle s'applique principalement aux composés gazeux ou susceptibles d'être vaporisés par chauffage sans décomposition. Le mélange à analyser est vaporisé à l'entrée d'une colonne, qui renferme une substance active solide ou liquide appelée phase stationnaire, puis il est transporté à travers celle-ci à l'aide d'un gaz porteur (ou gaz vecteur). Les différentes molécules du mélange vont se séparer et sortir de la colonne les unes après les autres après un certain laps de temps qui est fonction de l'affinité de la phase stationnaire avec ces molécules.

    La chromatographie en phase liquide (CPL) ou liquid chromatography (LC) est une technique d'analyse quantitative, qualitative et séparative principalement utilisée dans le domaine de la chimie analytique comme outil scientifique majeur mais aussi dans des domaines variés tels que la chimie organique et la biochimie. Elle recouvre la chromatographie sur couche mince (CCM), la chromatographie sur papier, la chromatographie en phase liquide en colonne ouverte ou à basse pression, et la chromatographie en phase liquide à haute performance (HPLC). Ce type de chromatographie repose sur la séparation de composés entraînés par un liquide (phase mobile) à travers un solide divisé (phase stationnaire) qui est soit placé dans un tube (colonne chromatographique) , soit fixé sur une surface inerte. La séparation s'opère suivant les interactions chimiques ou physiques des analytes* avec la phase mobile ainsi qu'avec la phase stationnaire.

    La chromatographie sur couche mince est une méthode physique de séparation de mélanges en leurs constituants; elle est basée sur les différences d’affinité des substances à l’égard de deux phases, l’une stationnaire ou fixe, l’autre mobile.

    La spéctrométrie de masse est une technique physique d'analyse permettant de détecter et d'identifier des molécules d’intérêt par mesure de leur masse et de caractériser leur structure chimique.

    Son principe réside dans la séparation en phase gazeuse de molécules chargées (ions) en fonction de leur rapport masse/charge (m/z). La spectrométrie de masse est utilisée dans pratiquement tous les domaines scientifiques : physique, astrophysique, chimie en phase gazeuse, chimie organique, dosages, biologie, médecine...

    La spectroscopie infrarouge (parfois désignée comme spectroscopie IR) est une classe de spectroscopie qui traite de la région infrarouge du spectre électromagnétique. Elle recouvre une large gamme de techniques, la plus commune étant un type de spectroscopie d'absorption. Comme pour toutes les techniques de spectroscopie, elle peut être employée pour l'identification de composés ou pour déterminer la composition d'un échantillon. Les tables de corrélation de spectroscopie infrarouge sont largement présentes dans la littérature scientifique.

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