Les projections de sang

       Lors d’un crime par balle, le sang de la victime gicle, et s’étale sur les murs, le plafond ou le sol en fonction de la force de l’impact, de la gravité de la blessure, et du type d’arme utilisé.

       En France, une section vient d’être créée par Philippe Esperança pour étudier ces traces de sang. C’est la section de Morpho-analyse des traces de sang de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie National de Rosny-sous-Bois.


La morpho-analyse des traces de sang permet de déterminer :

- le scenario le plus probable des événements sanglants.

- la distance entre les points d’impacts et l’origine de la trajectoire des projectiles

- la nature de l’arme utilisée.

- le nombre approximatif de coups portés lors des faits.

- la position relative de chaque acteur du crime et de tout autre objet.

- la chronologie des faits.

       La morpho-analyse des traces de sang permet de découvrir le type d’arme qui a causé la blessure : arme blanche, arme à feu, etc…  Par exemple un fusil ne laissera pas la même trace qu’un coup de chandelier : un fusil va faire une sorte de brouillard de petites gouttelettes, alors que des coups de chandelier forment des traces plus larges.  Cette analyse permet également d’en savoir sur la morphologie (poids, taille, force,…) et sur la mentalité (meurtre violent, prémédité,…) de l’assassin.

       On peut également savoir si le corps a été déplacé à travers la pièce, si l’endroit où il a été découvert est celui où il a été tué, etc… En effet, les traces de sang laissées seront différentes dans chacun des cas précédents.

       Cependant, avant toute chose, il faut déterminer la nature du sang, c'est-à-dire de savoir s’il est humain ou animal. En effet, si la scène de crime est un endroit en plein air, un animal peut très bien avoir été blessé et laisser alors des traces. Si celles-ci sont bien humaines, et donc utiles à l’enquête, la police fera des prélèvements pour déterminer le groupe sanguin et essayer d’extirper de l’ADN (Acide désoxyribonucléique) si le sang n’est pas trop dégradé.

      Mais le département de morpho-analyse a des techniques très précises pour analyser les taches de sang, et des logiciels commencent à être créés pour les aider dans cette tache.

Il existe 3 types de traces de sang différentes :

 
   -   Les traces passives

Quand une goutte tombe sous son propre poids, et qu’elle heurte perpendiculairement le sol, c’est une tache toute ronde qui se forme. Par exemple, après un coup donné sur le nez. En s’accumulant, les taches créent des projections secondaires en étoiles.

   -   Les traces de transfert

        Elles se forment lors du contact d’une surface sanglante avec une surface propre. Elles permettent de suivre les mouvements des corps ou de l’assassin si ses semelles sont ensanglantées.
 

   -    Les traces projetées

 Elles sont causées par un impact sur le corps. Dans le cas du projectile d’arme à feu, les gouttes s’étalent en un brouillard qui forme une sorte de pochoir : une zone « propre » peut être dessinée en face de la victime.

 

      

Voici un tableau récapitulatif des différentes traces de sang possibles et de leurs causes :

       Mais ce n’est pas tout, comme nous l’avons vu plus haut, nous pouvons aussi savoir d’où provient le tir ou le coup, tout en analysant la projection des gouttes de sang.  En effet, l’analyse des traces projetées permet de calculer la direction de la goutte et l’angle avec lequel elle a percuté la surface. Des lignes (virtuelles ou matérialisées par des ficelles) permettent de localiser l’origine du coup (comme montré sur l’image suivante).


 

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